Escale,Italie
JOHAN CRETEN
La Laguna,2021
Résine.
La sirène effrontée,2021
Terre cuite et émaux.
Escale,Italie

L'oeuvre

Cette vision de la mythologie de Venise se poursuit dans la salle suivante avec les oeuvres de Johan Creten.

Pour l’artiste « Venise est la ville de tous les fantasmes, un mirage, un fantôme, une sirène, une ville à la beauté brutale et vive, décadente et délirante. » La sirène et l’eau n’y sont pas qu’une force de séduction et de vie mais aussi une force de mort. Figure énigmatique, la sirène est une présence qui alarme d’un monde en disparition, et créée une émotion qui nous submerge.

De la première grande sculpture, en terre, qui n’est pas figurative, jaillit une émotion provenant du travail instinctif de la terre. Dans un jeu de contraste, la seconde grande sculpture, en résine, se révèle dans toute sa transparence et sa contemporanéité, laissant deviner sa structure interne.

Ces deux sculptures dialoguent avec un ensemble de bronzes portatifs vénitiens provenant de la collection personnelle de l’artiste. Ces sculptures de différentes dimensions font référence à son processus créatif puisqu’à la genèse de chaque oeuvre, Johan Creten réalise de petites sculptures d’argile qui voyagent avec lui, s’imprègnent de sa vie et de ses expériences, avant de renaître dans une échelle plus grande pour rejoindre d’autres destinations. L’ensemble résonne avec son édition La Laguna présentée dans l’installation de Gregor Hildebrandt : miniature en bronze d’une sirène plongée dans une cire d’un bleu vert translucide, aux couleurs et aux parfums à la fois verts et iodés de la lagune, elle apparaît à mesure que la bougie se consume, rappelant les eaux vénitiennes menaçantes de l’acqua alta.

Portrait de Johan Creten
Johan Creten

Interview de Johan Creten

Biographie

Né en 1963 en Belgique. Vit et travaille à Paris.

Reconnu comme l’un des principaux sculpteurs ayant contribué au renouveau de la céramique dans l’art contemporain, l’artiste Johan Creten travaille de façon itinérante depuis près de quarante ans, du Mexique à Rome, de Miami à La Haye.

Il commence à travailler l’argile à la fin des années 1980. S’il justifie son attirance pour la terre, cette « matière pauvre, sale, ordinaire, vulgaire presque, mais qui nourrit », le bronze est également selon lui « une sorte de tabou dans le monde de l’art contemporain, de par son lien très fort à l’histoire, au métier, à un art bourgeois et à cette idée de créer une oeuvre pour l’éternité ».

Célèbre pour ses sculptures allégoriques en céramique et en bronze, il poursuit depuis les années 1990 ses représentations d’un monde plein de poésie, de lyrisme et de mystère. Ses oeuvres soulignent l’importance de la beauté dans son travail, tout en réaffirmant sa conscience humaniste et la résonance sociale et politique de sa pratique.

Dans son processus de création, Johan Creten évoque la nécessité d’un ralentissement, d’un retour à l’introspection et à l’exploration du monde avec ses tourments individuels et sociétaux.

édition d'artiste

Joël Andrianomearisoa, Johan Creten, Zoë Paul, Hiroshi Sugimoto et Rabih Kayrouz ont imaginé cinq œuvres originales pour un voyage en cinq escales, France, Venise, Grèce, Japon et Liban. Ces éditions d’artistes sont disponibles à la vente dans des quantités très limitées.

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