Escale,Italie
GREGOR HILDEBRANDT
Auf Wasser schlafend Rauscht das Meer(Sleeping On Water The Sea Rushes),2021
Escale,Italie

L'oeuvre

Aux soupirs de l’œuvre de Joël Andrianomearisoa répondent les bandes magnétiques muettes de l’installation dédiée à Venise de l’artiste allemand Gregor Hildebrandt.

Un voyage dans les sillons du temps et les archives musicales et cinématographiques inspirées de la grande histoire vénitienne. Une destination pleine de sens pour l’artiste, qui y a réalisé une série d’œuvres à ses débuts puis n’a cessé de s’en inspirer. Immersive, son installation court sur les murs comme une seconde peau, un corps vivant. Gregor Hildebrandt déploie dans une monumentalité inédite sa fameuse technique du « Rip-off », qui se double ici de peintures en bandes magnétiques présentées toujours par paires, comme une version positive-négative d’un même motif ou la face A et B d’une cassette ou d’un vinyle. Une vibration imperceptible se crée dans l’espace qui s’estompe progressivement du noir vers le blanc au fil du déplacement.

Réminiscences de l’architecture vénitienne, une rangée de colonnes d’influences brancusiennes et baroques en vinyles thermoformés comme une même forme matricielle, dialoguent avec d’autres œuvres de Gregor Hildebrandt inspirées par la musicalité de Venise, ses chapelets d’îles, son Grand Canal, son architecture, ses arts décoratifs, ses muses cinématographiques, ainsi qu’avec l’édition La Laguna de l’artiste belge Johan Creten.

Portrait de Gregor Hildebrandt
Gregor hildebrandt

Biographie

Né en 1974 à Bad Homburg, en Allemagne. Vit et travaille à Berlin.

Réalisées à partir de bandes magnétiques de cassettes audio et VHS ou de disques vinyles, les oeuvres de Gregor Hildebrandt sont autant d’hommages aux productions musicales ou cinématographiques qui ont marqué son inconscient culturel.

Cet artiste conceptuel d’origine allemande transforme depuis plus d’une vingtaine d’années les vestiges des technologies analogiques en sculptures, peintures et installations monumentales qui se déploient telles de vastes membranes murales. Les « non-couleurs » — le noir, le blanc et le gris — dominent sa pratique. Ses motifs monochromes placent l’énergie, l’émotion et la nostalgie au premier plan, notamment à travers les titres choisis. L’artiste nous transporte dans des univers culturels qui s’entremêlent à nos souvenirs.

La musique, utilisée comme motif, imprègne de ses mythes la surface de l’oeuvre qui se charge d’un potentiel à la fois intimiste et historique.

La bande magnétique, vestige obsolète d’une époque où la musique était soumise à l’usure comme un corps vivant, devient l’élément abstrait dans lequel se projeter pour partager une mémoire culturelle commune.