ANGE LECCIA
Arrangement.Globes Terrestres,1990–2021
77 globes terrestres lumineux.Courtesy de l’artiste et Galerie Jousse Entreprise, Paris.

L'oeuvre

Quittant le bruissement sonore et parfumé de Paris et les voix de la Lagune, l’exposition se prolonge avec Arrangement.

Globes terrestres de l’artiste corse Ange Leccia. Il faut alors lever les yeux vers le ciel pour embrasser un horizon plus large. Des globes qui s’ils appartiennent à une tradition ancienne liée à l’histoire de la géographie, produisent ici une chaleur visuelle et poétique propre au monde contemporain grâce à l’usage du ready-made et de la lumière électrique. La figure archétypale du globe terrestre est, ici, démultipliée pour nous abriter sous un plafond de mondes sans frontières, vers un voyage infini.

Les Arrangements ont toujours été des objets liés au déplacement et à la confrontation. Ils reposent sur l’analogie entre cette notion de vitesse, le caractère éphémère du monde contemporain, la fragilité d’un temps qui s’accélère de plus en plus.

À l’heure de la mondialisation, la répétition de la mappemonde lumineuse qui démultiplie l’image de la Terre, met en perspective la fragilité des écosystèmes dont l’artiste nous invite poétiquement à prendre conscience.

Portrait d'Ange Leccia
Ange Leccia

Biographie

Né en 1952 à Minerviu en Corse. Vit et travaille à Paris et en Corse.

Ange Leccia mène une réflexion sur l’objet et sur l’image en mouvement, à travers une double activité de plasticien et de cinéaste.

Mêlant fréquemment des références cinématographiques dans ses oeuvres, il emprunte son vocabulaire à l’histoire du cinéma : la lumière, le temps, l’espace sont les matières premières de ses vidéos.

Dans les années 1980, la série Arrangements, face-à-face d’objets industriels dans la lignée des ready-made de Marcel Duchamp, lui a permis d’acquérir une reconnaissance internationale.

Dans les années 1990, il réalise des oeuvres vidéo basées sur la répétition de phénomènes naturels. Favorisant un ralentissement de notre perception, ses images poétiques mettent en évidence les points de rencontre entre les choses et les éléments.

Pour évoquer ses dispositifs filmiques, il ne parle pas d’images, mais de « stations » : temps d’arrêt, alerte visuelle, moment d’observation, lieu et moment de réception et de diffusion. Il se définit comme un « manipulateur d’évidences », refusant dans son travail l’idée de fabrication. La répétition d’objets ou d’images en boucle permet au spectateur de saisir l’oeuvre dans l’instant ou de l’appréhender dans le temps, comme la contemplation d’une image-mouvement.