Escale,Grèce
ANDREAS ANGELIDAKIS
Athens by Night,2021
Escale,Grèce

L'oeuvre

D’une histoire à une autre, Athens by Night, un environnement immersif de l’artiste grec Andreas Angelidakis transforme le voyage à travers des vestiges de la cité antique en une expérience sensorielle et virtuelle, téléscopant l’histoire d’Athènes à celle d’autres futurs possibles.

Des gravures de ruines en « all over » s’emparent des murs sur lesquels des écrans — comme depuis les fenêtres d’une voiture sillonnant la ville — diffusent une myriade d’images orphelines trouvées librement sur Creative Commons. L’artiste parle de « post-ruines » ou de ruines à l’ère digitale au sujet de ces milliers de données, d’images et d’histoires qui viennent s’évanouir dans les méandres d’une mémoire collective numérique.

Comme autant de fragments archéologiques de marbre grec, des modules en coussin de mousse sont multipliés en copies d’eux-mêmes comme s’ils obéissaient à « un langage de code de construction pour ordinateur ». Ludiques, ces blocs sont déplaçables, empilables et se prêtent à la libre interprétation des visiteurs qui peuvent s’y reposer, discuter, rêvasser ou à se prêter à un jeu de construction collectif à échelle humaine visant à reconstruire un monde commun.

Portrait de Andreas Angelidakis
Andreas Angelidakis

Biographie

Né en 1968 à Athènes, Grèce. Vit et travaille à Athènes.

Formé à l’architecture avant de se tourner vers l’art, Andreas Angelidakis se décrit volontiers comme « un architecte qui ne construit pas ». Il conçoit sa pratique comme de « l’architecture par l’exposition », à mi-chemin entre la tradition de l’architecture de papier et les pratiques artistiques participatives.

Présentés comme des installations immersives à co-construire avec le public, ses modules Soft Ruins malléables peuvent être assemblés à l’infini, transformés en de nouveaux espaces habitables et ludiques. Fasciné par les ruines du paysage urbain athénien, aussi bien antiques que récentes — celles des bâtiments contemporains abandonnés suite à la crise —, il convoque la notion de « post-ruine », télescopant différentes temporalités dans l’ultra-contemporanéité.

Grâce aux logiciels de conception et à Internet, il construit des mondes virtuels propices à l’émergence d’autres formes de socialité à l’ère des réseaux sociaux — des architectures digitales à reconfigurer dans l’espace d’exposition.

Dans ses vidéos et animations 3D, il aborde la question de la spécificité des sites archéologiques en cette période d’ubiquité numérique, anticipant les ruines en devenir de notre époque contemporaine.